Pourquoi la Foire au Savoir-Faire ?
Je changeais trop souvent de pays. C’est la seule raison pour laquelle j’ai commencé à fabriquer mes produits d’hygiène, et elle n’avait rien d’écologique. Racheter le même flacon de shampoing à chaque arrivée, le voir refusé au contrôle des bagages, le racheter encore. Un jour, quelqu’un m’a montré qu’un dentifrice tenait dans trois ingrédients secs transportés dans un bocal. En faisant le compte de ce que j’avais acheté pendant des années, j’avais surtout payé du contenant, de l’eau et du transport.
Le site vient de ce calcul. Il réunit les recettes et les guides qui m’auraient servi à ce moment-là : fabriquer son savon, son dentifrice, son déodorant, et de quoi remplacer le reste de la salle de bain jetable. La règle que je me suis fixée est simple : rien qui coûte plus cher que le produit qu’il remplace. Une écologie qui suppose un budget n’est pas une écologie, c’est une préférence de consommation.
Un mot sur qui écrit ici, parce que la question finit toujours par se poser. Arnaud Bruckler, à mon compte depuis 2012, et mon métier n’a rien à voir avec le savon : je travaille la popularité des sites web, ce que le référencement appelle le netlinking. Une bonne part de mes journées consiste à monter des réseaux de sites pour des clients et à les tenir en vie sur plusieurs années, ce que je détaille dans mon accompagnement en netlinking. Celui-ci relève de la même habitude, sans client au bout : je sais fabriquer un site, il ne me coûte que des heures, et j’avais déjà le sujet en main.
La veste, pas le décor

Sur cette photo, le décor retient l’attention et il ne devrait pas. Ce qui compte est la veste. Ses motifs ne sont pas imprimés sur le tissu : ils sont construits pendant le tissage, fil par fil, et il faut les avoir décidés avant de commencer. Dans les campagnes et les montagnes de l’Atlas, le tissage est un savoir-faire de femmes, transmis de mère en fille avec le traitement de la laine, les teintures et le répertoire de motifs. Le métier à tisser, l’azetta, est vertical, et la tisserande travaille debout devant les fils tendus.
Les couleurs viennent de plantes tinctoriales : garance, henné, indigo, écorce de grenade, auxquelles s’ajoute la cochenille. Aucune teinture chimique, une laine produite sur place, un objet prévu pour durer des décennies. C’est à peu près la définition de ce que l’on cherche quand on se demande quelles sont les matières les plus écologiques, et cela existait bien avant que la question se pose en ces termes. La ligne du site tient dans cette observation : décrire des pratiques qui existent déjà quelque part, au lieu d’inventer des solutions.
Mes autres terrains
Le reste de ce que j’écris se trouve ailleurs. Il y a Altermonde Sans Frontières, où je tiens la chronique des pays traversés. Il y a Conservation Nature, auquel je fournis des textes sur le vivant depuis plusieurs années. Il y a enfin arnaud-bruckler.fr, qui dit ce que je fais pour gagner ma vie.
